Voilà, je présente mon dernier roman. Si vous voulez en savoir plus sur moi, vous pouvez aller sur mon blog littéraire: http://www.marclefrancois.net/
En ce qui concerne ce livre, le Botticelli code, il s'agit d'une sorte de thriller humoristique. L'histoire d'une femme, Alice, qui se rend compte qu'elle a surtout vécu pour sa famille et qui décide de prendre enfin sa vie en main. Elle a une idée géniale pour faire fortune, mais celle-ci n'est pas très honnête et un peu risquée... On peut trouver mon livre en librairie ou le commander à son libraire ou plus simplement l'acheter directement sur internet (sur le site de la Fnac, Chapitre, Alapage...).
Pour vous donner une idée, je mets ici le début:
Alice aurait bien aimé accomplir une action d'éclat, mais ou elle manquait de courage, ou elle manquait d'imagination, toujours est-il qu'elle ne fit rien. Elle ne fit pas la traversée à pied de l'antarctique, ni celle, en courant toute nue, du stade de France, pas plus que la traversée de sa fenêtre en direction du rez-de-chaussée, cinq étages plus bas. En réalité, elle n'avait pas besoin de faire quelque chose de ce genre, mais elle se devait de l'envisager, par pure convention psychologique.
En effet, Alice arrivait à un âge où l'on envisage des projets, non pas dans le but de les réaliser, mais dans l'optique plus perverse de culpabiliser de ne les avoir pas accomplis jusque-là.
Pourtant, à quarante-huit ans, Alice estimait avoir déjà amplement profité de l'existence. Quand elle faisait le bilan, c'était d'abord à ses enfants qu'elle pensait : un garçon et une fille. Deux motifs de satisfaction. Peut-être les seuls dont elle fut vraiment fière. Le reste, son ancien travail, son ancien mari, ses anciennes copines... Mieux valait ne pas trop y penser. Enfin, peut-être était-elle un peu masochiste, car c'est toujours à ces sujets un peu désagréables qu'elle songeait.
Oh, au moins elle n'était pas ce qu'on appelle une vieille fille. Loin de là. D'une certaine façon on pouvait même dire qu'elle avait eu une vie plutôt mouvementée. Oui, elle avait fait la guerre, se plaisait-elle à penser. Sur le terrain des sentiments, bien sûr. Elle était même une sorte de vétéran.
Faites l'amour pas la guerre. Comme si l'un pouvait empêcher l'autre ! Elle aurait pu tout aussi bien décrocher la médaille d'honneur :
- Deux mariages, un divorce, une séparation, deux abandons, et une victoire aux points.
Honorable palmarès. En outre, alors qu'elle était devenue une quadra, elle se retrouvait plus marquée à l'âme qu'un ancien boxeur peut l'être au visage. Sauf qu'au lieu d'avoir le nez cassé, elle avait dû survivre à une garde partagée des enfants, à la désertion de la moitié de ses amies, parties avec sa première moitié, à laquelle s'est jointe la trahison de son banquier, de son assureur et de son boucher. En échange, elle avait rallié à elle, son psy, son gynéco, sa boulangère et son voisin homosexuel, qui plus tard s'était avéré être une voisine finalement hétérosexuelle.
C'est à la fin de son deuxième mariage qu'Alice avait rencontré son psy avec qui elle avait suivi une thérapie qu'elle avait réussie en parvenant à l'abandonner. Après leurs séances, il l'invitait dîner avec l'argent que lui avait coûté la consultation. Le troisième soir, ils avaient couché ensemble, afin, lui avait-il dit, de « prendre conscience émotionnellement de son autonomie sensuelle ». Deux mois après, il avait mis fin à leurs petites soirées, arguant qu'il était mauvais pour elle de développer une dépendance sentimentale avec son thérapeute et que le dernier stade de l'autonomie était de se délivrer de cette illusion qui consistait à se croire aimée. Le pire est finalement qu'elle avait continué à le consulter. Que pouvait-elle faire ? Les seuls hommes qui savent écouter les femmes étant somme toute assez peu nombreux : les vieux (hélas souvent sourds), les homosexuels (trop bavards) ou ceux qu'on paye : le psy, le banquier, l'épicier... et le gigolo, mais là, elle n'avait pas (encore ?) tenté l'aventure.